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9 février 2026Depuis le printemps 2025, une réforme majeure du droit de la protection de l’enfance bouleverse le travail des juges des enfants et des avocats en assistance éducative.
Le gouvernement a acté la disparition progressive du placement à domicile, une mesure jusqu’ici utilisée dans des milliers de dossiers à Strasbourg et dans toute la France.
Objectif affiché : rendre la protection plus lisible, plus cohérente et mieux adaptée à la réalité des situations familiales.
Pourquoi supprimer le placement à domicile ?
Le placement à domicile consistait à maintenir l’enfant dans son foyer tout en confiant son suivi à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE).
En pratique, cette formule entretenait souvent une confusion juridique : l’enfant était “placé” sans être déplacé, et les parents vivaient mal cette décision perçue comme paradoxale.
Les professionnels constataient aussi une inégalité d’application selon les départements : certaines familles suivaient réellement un accompagnement éducatif, d’autres voyaient la mesure s’essouffler faute de moyens.
« Ce qui manquait, c’était la clarté : l’enfant était à la fois placé et non placé. La réforme met fin à cette ambiguïté. »
Désormais, deux options subsistent :
- l’assistance éducative en milieu ouvert (AEMO), lorsque l’enfant peut rester chez ses parents avec un accompagnement ;
- le placement hors du domicile, lorsque le danger est trop important pour que l’enfant reste dans son environnement familial.
Ce que cela change concrètement à Strasbourg
Pour les familles suivies par le Tribunal judiciaire de Strasbourg, ces nouvelles règles ont des effets immédiats :
- les juges doivent désormais choisir clairement entre AEMO et placement ;
- les anciens placements à domicile seront réexaminés d’ici 2026 pour être convertis ;
- les services de l’ASE du Bas-Rhin doivent ajuster leur organisation, en renforçant les équipes d’accompagnement à domicile et les places en foyers ou familles d’accueil ;
- les avocats en assistance éducative doivent anticiper ces réexamens, défendre les parents ou les enfants selon le cas, et s’assurer que la mesure décidée correspond bien à la réalité du danger.
Cette clarification pourrait aussi réduire la durée des mesures mal calibrées : dans certaines affaires, des placements à domicile duraient plusieurs années sans véritable évolution de la situation.
Les enjeux humains derrière la réforme
Pour de nombreux praticiens, la fin du placement à domicile est une occasion de réaffirmer le rôle de l’avocat des mineurs.
Les dossiers d’assistance éducative exigent une écoute et une précision rares : comprendre le vécu de l’enfant, mesurer le danger, plaider pour un cadre protecteur sans rompre les liens familiaux.
À Strasbourg, les avocats spécialisés dans le droit des enfants observent déjà une augmentation des audiences de révision, signe que les juridictions appliquent activement la réforme.
Les familles doivent donc être accompagnées pour comprendre les enjeux, savoir comment s’exprimer à l’audience, et connaître leurs droits.
Ce que les parents doivent savoir
- L’enfant est désormais soit accompagné à domicile (AEMO), soit accueilli hors du domicile : il n’existe plus de formule intermédiaire.
- Le juge des enfants statue toujours en fonction du danger et de l’intérêt supérieur du mineur.
- Les parents peuvent être assistés d’un avocat à chaque étape, y compris lors d’une simple réévaluation de la mesure.
- Un désaccord avec les services éducatifs ou la décision du juge peut donner lieu à appel.
Cette réforme, parfois perçue comme technique, marque un tournant humain et juridique : elle clarifie la place de l’enfant, recentre la mission éducative et renforce la responsabilité des institutions.
À Strasbourg comme ailleurs, elle invite les familles et leurs avocats à un dialogue plus clair, plus honnête et plus protecteur de l’intérêt de l’enfant.






